Jeudi 20 juin à 20 h 30, à l’occasion de la fête de la musique, accordez-vous une soirée estivale poétique, avec un concert-découverte de chants des 14e et 15e siècles.
Sous la direction de Raphaël Picazos, l’ensemble “Un chemin de musique“ en formation à cinq voix, restituera le fruit de son travail de recherche, aux sources de l’époque du perfectionnement de la notation musicale ;
Le quintette proposera une vingtaine de chansons, rondeaux, ballades et motets, choisis pour leur audace et leur beauté, et toujours destinés à émouvoir l’auditeur.
Le concert sera agrémenté de commentaires et de projections visuelles des manuscrits sur lesquels les chanteurs lisent, invitant le public au cœur de l’univers sonore et scriptural des maîtres de la musique.

Jeudi 20 juin
À 20 h 30 au Temple protestant de Meaux
Entrée libre.

Cécile Banquey, mezzo-soprano

C’est à  Bordeaux, où elle étudie la musicologie, le piano, l’écriture, la direction de chœur et le chant, que Cécile Banquey débute ses études musicales.
Elle les poursuit en région parisienne, dans le département de musique ancienne du Conservatoire à rayonnement régional de Paris notamment.
Son intérêt pour la musique médiévale l’amène à suivre les formations du Centre de musique médiévale de Paris (Brigitte Lesne, Catherine Sergent…) et les cours de lecture sur les sources de Raphael Picazos au conservatoire du Val Maubuée.
Elle découvre et pratique les harpes anciennes avec Véronique Musson-Gonneaud avec qui elle se produit en duo.
Elle chante également au sein de l’ensemble “Les Cris de Paris”, de la Compagnie La Tempête, du chœur Les Métaboles, de l’ensemble contemporain “Musicatreize”, de l’ensemble médiéval “Discantus”…
Parallèlement à ses activités de chanteuse, elle dirige un ensemble amateur de musique de la Renaissance et intervient régulièrement en milieu scolaire dans le cadre d’actions pédagogiques.

Sarah Richards, soprano

Parallèlement à sa formation en chant lyrique, qu’elle termine au Conservatoire à rayonnement régional de Versailles avec un diplôme d’enseignement de a musique puis un Prix de perfectionnement, Sarah Richards se passionne pour les musiques médiévales dans le cadre de son parcours en musique et musicologie à Paris IV-Sorbonne.
Elle se forme à l’interprétation et à la compréhension de ces musiques et de leurs sources dans le cadre du Master 2 proposé par l’université, et également à l’École nationale de musique de danse et d’art dramatique du Val Maubuée, auprès de grands interprètes : Benjamin Bagby, Katarina Livljanic, Raphaël Picazos, Emmanuel Bonnardot.
Elle se produit ou s’est produite avec plusieurs ensembles spécialisés en musique médiévale, Renaissance et baroque : Sensú, Cum jubilo, Providencia, Dialogos, les Luths Consort, Il Ballo, Les Mouvements de l’Âme…
Sarah Richards développe aussi une activité de pédagogue, notamment dans le domaine du chant et du chant choral.

Raphaël Picazos, ténor

Compositeur, chanteur, pianiste, Raphaël Picazos est professeur de polyphonies médiévales aux Conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse de Paris et de Lyon et d’écriture au Conservatoire du Val Maubuée (77). Il a été formé à l’Ecole nationale de musique de Toulon puis au Conservatoire national supérieur de musique et danse de Paris et poursuivit ensuite son apprentissage durant une dizaine d’années auprès de divers maîtres, citons E. et J. Bonnardot, G. Geay, J.Y Haymoz, B. Lesne. Membre de l’ensemble vocal Obsidienne durant vingt ans, ses recherches l’ont conduit à initier la publication en transcription diplomatique du Codex To. J.II.9 (éd. Ut Orpheus-it) et à restaurer la Messe de la Sorbonne (éd. Pups-Fr).
Il fonde l’ensemble Sensú en 2015 dans le but de partager la musique autrement. Son œuvre comprend une trentaine de numéros allant de la musique pour soliste à la formation symphonique ainsi que de nombreuses traductions de traités de composition au Moyen Âge (à paraître).

Vincent Pislar, baryton

Après des études de chant classique et d’astrophysique, Vincent Pislar se spécialise dans la musique médiévale. Il étudie le chant grégorien et les premières polyphonies au centre de musique médiévale de Paris (avec Catherine Sergent, Marie-Noël Colette et Brigitte Lesne), l’interprétation du chant soliste (entre le 11e et le 14e siècle) à l’Université Paris-Sorbonne avec Benjamin Bagby et les polyphonies improvisées, le contrepoint médiéval et la lecture sur les sources au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris avec Raphaël Picazos.
Il fait partie de divers ensembles vocaux français, en particulier des ensembles de solistes Dialogos (dir. Katarina Livljanic) avec qui il enregistre deux CD primés par la presse musicale et Sequentia (dir. Benjamin Bagby) spécialisés dans l’interprétation de la musique médiévale. Il chante régulièrement à Notre Dame de Paris avec l’ensemble grégorien de Notre Dame (dir. Sylvain Dieudonné). Vincent Pislar a également été élève du cours Cochet (théâtre).

Renaud Tripathi, ténor

Après des études de hautbois, harmonie, contrepoint, analyse et musicologie, Renaud Tripathi découvre la voix et entre au département de musique ancienne du Conservatoire national de région de Paris.
Ses caractéristiques vocales l’ayant naturellement conduit à la musique baroque, il devient un membre régulier du chœur des Arts Florissants. Il a chanté sous la direction de chefs tels que Christophe Rousset, Jean-Claude Malgoire, Jean Tubéry ou Hugo Reyne, avec lesquels il a enregistré plusieurs disques.
En 2008, il fonde “De Natura Rerum”, ensemble protéiforme avec lequel il crée “Pyrame et Thisbé”, programme visant à établir des correspondances entre cantates baroques françaises et musique classique de l’Inde du Nord.
Parallèlement, il étudie le luth avec Remi Cassaigne et Pascale Boquet et se produit, dans le cadre de la Société française de Luth, en récital luth et voix. Il s’est également produit avec la Compagnie Outre Mesure.
Il a récemment été invité par “Têtes de chien”, ensemble vocal masculin a capella qui explore et réinvente la chanson folklorique française.
Dernièrement, Renaud Tripathi a chanté avec “La main harmonique”, direction Frédéric Bétous, “Les prophetiae sybillarum” de R .Lassus, ainsi qu’avec la Fenice, direction Jean Tubéry, dans “Trionfi sacri”, reconstruction d’une messe à Saint Marc de Venise autour des œuvres de C. Monteverdi et des deux Gabrieli.

L’Ars Nova

C’est dans les premières décennies du 14e siècle que commence le programme Ars nova, Ars subtilior, Ars suavior, lorsque l’évolution de la notation musicale se perfectionna sous l’égide de divers musiciens.
Parmi eux, il y eut le célèbre évêque de Meaux, Philippe de Vitry, auteur du traité Ars nova, un opuscule qui codifie un système de notation et de pensée plus précis que le précédent, ouvrant à de nouvelles combinaisons rythmiques (Bona Condit) permettant des combinatoires arithmétiques de plus en plus complexes utilisées tout au long de la papauté en Avignon (Kyrie De Fronsiaco).
Mais le musicien médiéval, éduqué par essence au nombre, poursuivit ses recherches et développa ensuite dans la deuxième moitié du XIVe siècle d’audacieuses techniques mettant en œuvre les proportions pythagoriciennes de manières extrêmement virtuoses et ciselées, nommées “plus subtiles” car réservées aux meilleurs interprètes capables de les déchiffrer (Tous Par Compas, La Harpe de Mélodie, Fumeux Fume…).
Ces innovations ont séduit l’éclectique Johannes Ciconia qui n’hésita pas à les proposer au sein même de la liturgie (Gloria Spiritus). Parallèlement, c’est aussi un renouveau sonore venu progressivement des chantres d’Angleterre (Leonel Power, John Duntable…) qui se répandit en France dès le début du 15e siècle grâce à ses alliés bourguignons et influença considérablement le style polyphonique en occident par la douceur de ses consonances imparfaites (Sanctus, Agnus Dei).
C’est encore le règne de la chanson d’amour, le fin’amor ou l’amour courtois, un amour désiré, éperdu et impossible quoi que toujours renouvelé dont Guillaume de Machaut fut le premier grand représentant (Tres douce Dame) et plus tard Gilles Binchois (Adieu M’Amour, Tristre Plaisir) et Guillaume Dufay (J’ay mis mon Cuer) et dont tant d’autres anonymes furent des chantres inlassables (Je ne Porroye). Cependant, la tradition des motets isorythmiques initiée au siècle précédent se poursuivait au travers des œuvres dont la structure présente d’extraordinaires symétries rythmiques proportionnelles, de véritables édifices sonores telles des cathédrales en mouvement (O Sante Sebastiane).
En 1453, Constantinople tombait sous l’assaut turc, marquant pour de nombreux historiens la fin du Moyen Âge ; G. Dufay composa un an plus tard une célèbre déploration sur la chute de son église romaine (Lamentatio Sancte Matris Ecclesie) en un troublant motet à quatre voix qui demeure dans la simplicité d’une chanson.
Ce programme s’achève dans la deuxième moitié du 15e siècle avec un grand motet à cinq voix de Johannes Ockeghem (Intemerata Dei Mater) dont la danse contrapuntique et l’exploration des tessitures caractérisent l’ornementation flamboyante de la fin de l’ère gothique.
Le concert-découverte est agrémenté de commentaires contextualisant et de vidéo-projection des manuscrits sur lesquels l’ensemble Un Chemin de musique a établi ses recherches et ce programme.